Économie circulaire dans les structures de services : Guide pratique multi-secteurs
Qu'est-ce que l'économie circulaire dans les structures de services ?
L'économie circulaire dans les services consiste à réduire les ressources consommées en prolongeant l'usage, la réparation et le réemploi.
Une approche qui dépasse largement la gestion des déchets
L'objectif est simple : maintenir les ressources en circulation le plus longtemps possible tout en réduisant la consommation de matières premières et la production de déchets.
Cette logique s'oppose au modèle économique linéaire traditionnel qui repose sur le schéma extraire, produire, consommer puis jeter.
Dans une organisation de services, cela peut se traduire par :
l'achat de matériel reconditionné ;
la réparation plutôt que le remplacement ;
le réemploi du mobilier ;
la mutualisation des équipements ;
l'intégration de critères de durabilité dans les marchés publics ;
l'optimisation des consommations numériques ;
la réduction des déchets à la source.
Selon l'ADEME, la prévention des déchets constitue l'une des actions les plus efficaces pour réduire l'impact environnemental des organisations, car le déchet le moins polluant reste celui qui n'est jamais produit.
Les principaux postes concernés dans une organisation de services
Les achats représentent souvent le premier poste d'impact. Le choix des fournisseurs, la durabilité des équipements ou encore les modalités d'acquisition influencent directement l'empreinte environnementale de l'organisation.
Les équipements informatiques constituent également un enjeu majeur. L'ADEME indique que la fabrication d'un équipement numérique représente généralement la majeure partie de son impact environnemental. Allonger sa durée de vie de quelques années peut donc générer des bénéfices significatifs.
Les autres domaines concernés sont :
le mobilier ;
les consommables ;
les bâtiments ;
les déplacements professionnels ;
la restauration collective ;
les équipements techniques ;
les flux de déchets.
Pourquoi les structures de services disposent d'un fort potentiel d'action
Les organisations de services remplacent régulièrement des équipements, renouvellent du mobilier et achètent de grandes quantités de fournitures.
Elles disposent donc d'un potentiel important pour réduire leurs dépenses tout en diminuant leur impact environnemental.
L'économie circulaire permet ainsi de transformer des postes de coûts récurrents en opportunités d'optimisation durable.
Quels sont les bénéfices de l'économie circulaire pour une structure de services ?
Réduire durablement les dépenses d'exploitation
Prolonger la durée de vie des équipements permet de diminuer les achats neufs. Une politique de maintenance préventive réduit les coûts de remplacement. Le réemploi limite les dépenses liées au mobilier ou aux équipements secondaires.
À l'échelle d'une organisation, ces gains peuvent représenter plusieurs milliers d'euros par an.
Renforcer la résilience de l'organisation
Les crises récentes ont démontré la fragilité de certaines chaînes d'approvisionnement.
Les structures capables de réparer, réutiliser ou mutualiser leurs ressources sont généralement mieux préparées aux ruptures de marché ou aux tensions sur certaines matières premières.
L'économie circulaire contribue ainsi à sécuriser les activités tout en réduisant la dépendance aux ressources externes.
Répondre aux attentes réglementaires et sociétales
Les exigences en matière de développement durable se renforcent progressivement.
Les collectivités doivent intégrer davantage de critères environnementaux dans leurs achats. Les entreprises sont de plus en plus évaluées sur leurs performances ESG. Les usagers et les clients accordent également une attention croissante aux engagements environnementaux des organisations.
Adopter une démarche circulaire permet donc d'anticiper ces évolutions plutôt que de les subir.
Valoriser son image et sa politique RSE
Les initiatives circulaires constituent également un levier de différenciation.
Une organisation qui privilégie le réemploi, réduit ses déchets et optimise ses ressources démontre sa capacité à agir concrètement en faveur d'une gestion plus responsable.
Cette cohérence est particulièrement appréciée par les collaborateurs, les partenaires et les parties prenantes.
Comment appliquer l'économie circulaire selon votre secteur d'activité ?
Les organismes publics disposent d'un levier particulièrement puissant à travers la commande publique.
Administrations, collectivités et établissements publics
L'intégration de critères de durabilité, de réemploi ou de réparabilité dans les marchés permet d'influencer l'ensemble de la chaîne de valeur.
Les actions les plus courantes concernent :
le mobilier reconditionné ;
la mutualisation d'équipements ;
la réduction des déchets ;
l'allongement de la durée de vie des matériels ;
les achats circulaires.
Bureaux, sièges sociaux et fonctions support
Dans les environnements tertiaires, plusieurs actions produisent des résultats rapides :
réduction des impressions ;
rationalisation des équipements informatiques ;
réemploi du mobilier ;
achats responsables ;
maintenance préventive ;
sobriété numérique.
Selon la Commission européenne, moins de 12 % des matières utilisées dans l'économie européenne proviennent actuellement du recyclage ou du réemploi. Cette donnée souligne l'importance du potentiel encore inexploité en matière de circularité.
Santé, médico-social et éducation
Même lorsque les exigences sanitaires sont fortes, des marges de progression existent.
Les établissements peuvent agir sur :
le mobilier ;
les achats non critiques ;
la gestion du linge ;
la restauration ;
les équipements réutilisables lorsque les normes le permettent ;
les déchets.
L'objectif consiste à identifier les postes compatibles avec une approche circulaire sans compromettre la qualité des soins ou la sécurité des usagers.
Hôtellerie, restauration et accueil
Le gaspillage alimentaire représente souvent un enjeu majeur.
Les établissements peuvent réduire leurs impacts grâce à :
une meilleure gestion des stocks ;
l'optimisation des portions ;
le réemploi des contenants ;
la réduction des emballages ;
le tri à la source des biodéchets ;
les achats locaux et responsables.
Immobilier, maintenance et exploitation
Dans ce secteur, l'allongement de la durée de vie des actifs constitue le principal levier.
La maintenance préventive, la réparation des équipements, le réemploi des matériaux et la gestion du cycle de vie permettent de réduire significativement les coûts d'exploitation.
Comment mettre en place une démarche d'économie circulaire dans une organisation de services ?
Une démarche circulaire efficace repose sur six étapes : diagnostiquer, prioriser, fixer des objectifs, agir puis mesurer.
Réaliser un diagnostic complet des flux
La première étape consiste à comprendre précisément où se situent les impacts.
Le diagnostic doit couvrir :
les achats ;
les équipements ;
les consommables ;
les déchets ;
le numérique ;
la restauration ;
la logistique.
Identifier les postes à fort impact
Tous les flux n'ont pas le même poids.
Il est généralement pertinent de cibler en priorité :
les achats les plus coûteux ;
les équipements renouvelés fréquemment ;
les activités générant le plus de déchets.
Définir des objectifs mesurables
Une démarche efficace repose sur des indicateurs précis.
Par exemple :
augmenter la part de matériel reconditionné ;
réduire les achats neufs ;
accroître le taux de réparation ;
diminuer les déchets résiduels.
Repenser la politique d'achats
Les critères d'achat doivent intégrer :
la durabilité ;
la réparabilité ;
la disponibilité des pièces détachées ;
les possibilités de reprise ;
les modèles locatifs ou mutualisés.
Déployer les solutions opérationnelles
Les actions concrètes peuvent inclure :
la maintenance ;
le reconditionnement ;
les dons ;
les plateformes de réemploi ;
le tri ;
le recyclage ;
la formation des équipes.
Mesurer les résultats obtenus
Le suivi permet d'évaluer la performance réelle de la démarche.
Les indicateurs les plus utilisés sont :
les coûts évités ;
les volumes réemployés ;
les déchets évités ;
les émissions réduites ;
la durée de vie prolongée des équipements.
Quels sont les facteurs clés de réussite d'une démarche d'économie circulaire ?
Les projets circulaires réussissent lorsque la direction, les achats, la gouvernance et les équipes sont alignés.
Faire de la direction un moteur du projet
Les démarches les plus performantes sont portées au plus haut niveau de l'organisation.
L'engagement de la direction facilite la mobilisation des ressources et l'intégration des objectifs dans la stratégie globale.
Structurer une gouvernance claire
Chaque action doit être pilotée par un responsable identifié.
Une gouvernance claire améliore la coordination entre les services et garantit la continuité des actions.
Piloter les achats selon une logique de cycle de vie
Le coût d'achat initial ne doit plus être le seul critère de décision.
Une approche fondée sur le coût total de possession permet souvent d'identifier des solutions plus performantes à long terme.
Dans cette logique, l'économie circulaire services devient un véritable outil d'optimisation économique.
Impliquer les collaborateurs au quotidien
Aucune démarche circulaire ne peut réussir sans l'adhésion des équipes.
La sensibilisation, la formation et l'accompagnement au changement jouent un rôle déterminant dans la réussite du projet.
FAQ
Oui. Même avec des moyens limités, il est possible d'agir sur les achats, le réemploi du mobilier, la réparation des équipements ou la réduction des consommables.
La part des achats neufs évités est souvent un excellent point de départ car elle reflète directement les économies réalisées et les ressources préservées.
Oui. L'ADEME, certaines régions et plusieurs dispositifs européens proposent régulièrement des financements selon la nature des projets.
Certaines actions, comme le réemploi ou la réduction des consommables, produisent des résultats visibles dès les premiers mois.
En ajoutant progressivement des critères liés à la durabilité, à la réparabilité, au réemploi et au coût total de possession dans les cahiers des charges et les consultations fournisseurs.
Sources :
Ellen MacArthur Foundation. (2020, February 11). The circular economy | Definition & model explained. https://www.ellenmacarthurfoundation.org/topics/circular-economy-introduction/overview
European Investment Bank. (2024). Économie circulaire – Tour d’horizon 2024. https://www.eib.org/files/publications/20240104_circular_economy_overview_2024_fr.pdf
Ministère de la Transition écologique. (2023, April 5). L’économie circulaire. Notre-environnement. https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/economie/article/l-economie-circulaire
ADEME. (2025). Économie circulaire. https://economie-circulaire.ademe.fr
ADEME. (2019). Les entreprises au cœur de l’économie circulaire. https://economie-circulaire.ademe.fr/entreprises-economie-circulaire
Organisation for Economic Co-operation and Development. (2019). Waste management and the circular economy in selected OECD countries. https://www.oecd.org/en/publications/waste-management-and-the-circular-economy-in-selected-oecd-countries_9789264309395-en.html
Organisation for Economic Co-operation and Development. (2025). The circular economy in cities and regions of the European Union. https://www.oecd.org/en/publications/the-circular-economy-in-cities-and-regions-of-the-european-union_e09c21e2-en.html
United Nations Economic Commission for Europe. (2022). Économie circulaire dans les partenariats public-privé. https://unece.org/sites/default/files/2023-05/ECE_CECI_WP_PPP_2022_04-fr.pdf
Agence de l’eau, Intercommunalités de France, & AdCF. (2018). Guide économie circulaire intercommunalités. https://www.intercommunalites.fr/app/uploads/2022/10/2018-02-adcf-veolia-adgcf-guide-economie-circulaire-intercommunalites.pdf
Institut National de l’Économie Circulaire. (2021). Référentiel “école circulaire”. https://institut-economie-circulaire.fr/wp-content/uploads/2021/10/Referentiel_INEC_ecolecirculaire.pdf

