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Sourcing fournisseurs responsables : méthodes et outils pour identifier les entreprises engagées

28 avril 2026 par
DMNG Conseil

La pression sur les acheteurs publics ne vient plus seulement des réglementations. Elle vient aussi des territoires, des élus, des agents, et d'une exigence croissante de cohérence entre les politiques publiques affichées et les pratiques d'achat réelles. Soutenir le développement durable, favoriser l'insertion, réduire l'empreinte carbone : autant d'engagements qui n'ont de sens que si les fournisseurs retenus partagent ces valeurs et peuvent le prouver.

Mais identifier un fournisseur vraiment responsable ne se résume pas à cocher une case "label" dans un tableur. Entre les déclarations d'intention bien rédigées et les engagements réellement documentés, la distance peut être considérable. Et pour un acheteur public, cette distinction est d'autant plus critique qu'elle doit s'inscrire dans un cadre transparent, traçable et juridiquement solide.

Comment distinguer un engagement RSE solide d'un simple discours marketing, dans le contexte contraint de la commande publique ? C'est précisément à cette question que répond cet article. Vous y trouverez une méthode structurée pour organiser votre sourcing, évaluer vos fournisseurs, distinguer ce qui est attendu selon que vous êtes soumis ou non à un appel d'offres, et outiller concrètement votre démarche achats responsables.

Qu'est-ce qu'un fournisseur responsable ? Définir ses critères avant de chercher

Un fournisseur responsable documente ses engagements RSE sur 5 axes vérifiables : environnement, social, éthique, droits humains et transparence. 

Avant même d'ouvrir la moindre plateforme de sourcing ou d'envoyer le premier questionnaire, une étape s'impose : définir ce que vous entendez par "fournisseur responsable". Cette clarification n'est pas un exercice rhétorique mais la condition sine qua non pour construire des critères cohérents, défendables et réellement utiles à votre procédure.

Les 5 dimensions RSE à intégrer dans votre politique achats

Un fournisseur engagé ne se définit pas par un seul critère. L'évaluation RSE repose généralement sur cinq dimensions complémentaires :

L'environnement, d'abord : gestion des déchets, empreinte carbone de la prestation ou du produit, consommation d'énergie, politique de transport, recours aux énergies renouvelables. Ces éléments peuvent être rattachés directement à l'objet du marché, ce qui les rend particulièrement solides juridiquement.

Le social et les conditions de travail : politique salariale, respect des conventions collectives, égalité professionnelle, lutte contre les discriminations, dialogue social, santé et sécurité au travail. Ces critères sont souvent au cœur des clauses d'exécution dans les marchés de services ou de travaux.

L'éthique et la gouvernance : lutte contre la corruption, transparence financière, politique de conformité, mécanismes d'alerte interne. Ces dimensions sont moins visibles mais tout aussi décisives pour apprécier la solidité d'un engagement.

Les droits humains et la chaîne d'approvisionnement : contrôle des sous-traitants, traçabilité des matières premières, exigences imposées aux fournisseurs de rang 2 et 3. C'est souvent là que se cachent les risques les plus importants et les plus difficiles à détecter sans méthode.

La transparence et la capacité de progrès, enfin : publication d'indicateurs, objectifs chiffrés, plans d'amélioration datés, reporting régulier. Un fournisseur responsable ne communique pas seulement sur ce qu'il est : il documente ce qu'il fait et montre comment il progresse.

Le cadre de référence : ISO 20400

Pour structurer cette approche, la norme ISO 20400 constitue aujourd'hui la référence internationale en matière d'achats responsables. Elle recommande d'intégrer la responsabilité sociétale dans l'ensemble du processus achats, en prenant en compte les impacts environnementaux, sociaux et économiques sur tout le cycle de vie, de la définition du besoin à l'exécution et au bilan du marché.

Pour les acheteurs publics, cette norme est particulièrement utile : elle fournit un cadre rigoureux, non prescriptif, qui s'adapte à la diversité des contextes et des marchés. Elle ne remplace pas le Code de la commande publique, mais elle l'enrichit d'une logique de responsabilité systémique qui va bien au-delà de la simple conformité réglementaire.

Qu'est-ce que le sourcing amont et pourquoi est-il indispensable avant tout appel d'offres ? 

Le sourcing amont permet de cartographier les fournisseurs responsables et calibrer les exigences RSE avant toute publication de marché. 

Le sourcing est souvent perçu comme une étape accessoire, réservée aux grands marchés ou aux acheteurs très expérimentés. C'est une erreur. C'est précisément dans cette phase préalable que se joue la qualité de l'ensemble de la procédure et que l'on peut véritablement identifier les fournisseurs responsables capables de répondre à ses exigences.

Qu'est-ce que le sourcing amont dans la commande publique ?

Le sourcing amont désigne l'ensemble des démarches qu'un acheteur public peut engager avant la publication de son marché, pour mieux comprendre le tissu économique disponible, les solutions existantes, et les niveaux de maturité RSE des opérateurs. Il s'agit d'une phase non contractuelle, expressément autorisée par le Code de la commande publique, à condition qu'elle respecte les principes fondamentaux d'égalité de traitement et de transparence.

Cette démarche permet concrètement de cartographier le marché fournisseurs, d'évaluer la faisabilité des exigences RSE envisagées, d'identifier les acteurs engagés du territoire, de calibrer les critères et exigences du dossier de consultation, et d'éviter de rédiger un DCE trop fermé qui écarterait sans le savoir des PME ou des acteurs locaux très engagés. Comme le rappelle le Guide pratique de France Urbaine sur le sourcing et la relation acheteur-fournisseurs, cette méthode améliore la connaissance réciproque entre acheteurs et opérateurs, renforce la concurrence et contribue à des achats plus durables.

Comment organiser cette phase concrètement ?

Plusieurs formats sont possibles, selon la taille du marché et les ressources disponibles :

Les rencontres d'information fournisseurs permettent de présenter les enjeux du marché à venir, de recueillir des retours sur la faisabilité des exigences, et d'évaluer de visu la maturité RSE des interlocuteurs. Elles doivent être documentées et ouvertes à l'ensemble des opérateurs potentiels.

Les questionnaires de capacité RSE (Request for Information (RFI)) permettent de collecter, de manière standardisée, des informations sur les pratiques environnementales, sociales et éthiques des fournisseurs. Ils constituent une base solide pour comparer les acteurs et préparer les critères d'attribution.

Les consultations informelles et demandes de renseignement complètent utilement les échanges formels, notamment pour des marchés complexes où les solutions disponibles sont encore peu connues.

Enfin, le recours à des plateformes spécialisées comme Le Marché de l'Inclusion pour les achats inclusifs, ou les annuaires sectoriels peut accélérer l'identification de fournisseurs engagés répondant à des critères précis.

La cartographie des risques RSE constitue également un outil structurant à ce stade : elle permet de prioriser les catégories d'achats et les zones géographiques les plus exposées, et de concentrer les efforts de sourcing là où l'impact potentiel est le plus élevé.

Les règles à respecter pour ne pas biaiser la procédure

Le sourcing est une liberté, pas une zone de non-droit. Il doit rester encadré par trois principes non négociables.

L'égalité de traitement : les informations recueillies lors du sourcing, et les informations communiquées aux opérateurs, doivent l'être de manière équitable. Aucun fournisseur ne doit bénéficier d'un avantage concurrentiel du fait de sa participation à la phase amont.

La traçabilité des échanges : tout contact avec un opérateur doit être documenté (date, format, participants, informations partagées). En cas de contestation, cette traçabilité est votre première ligne de défense.

La distinction entre sourcing et négociation anticipée : le sourcing ne constitue pas une pré-attribution déguisée. Il vise à améliorer la connaissance du marché, pas à orienter la procédure en faveur d'un acteur identifié.

⚠️ Point juridique

Le sourcing est expressément prévu à l'article R2111-1 du Code de la commande publique. Il autorise les acheteurs à effectuer des consultations ou des études de marché avant le lancement de la procédure, à condition que ces échanges ne faussent pas la concurrence. En pratique, formalisez systématiquement vos échanges, partagez les mêmes informations à l'ensemble des candidats potentiels, et intégrez dans le DCE une mention des consultations effectuées en amont si elles ont influencé la définition du besoin.

Comment intégrer la RSE selon que l'on est soumis ou non à un appel d'offres ? 

Avec ou sans appel d'offres, l'exigence RSE reste identique. Seul le niveau de formalisation des critères change selon les seuils européens. 

L'une des questions les plus fréquentes parmi les acheteurs publics concerne la différence de marge de manœuvre selon le type de procédure. En réalité, la logique RSE ne change pas selon que vous êtes au-dessus ou en dessous des seuils. Ce qui change, c'est la manière de la formaliser.

Quand vous êtes soumis à un appel d'offres

Au-dessus des seuils européens, l'appel d'offres impose une formalisation stricte des critères et des exigences. Dans ce cadre, l'intégration de la RSE peut se faire à trois niveaux complémentaires.

Dans les critères d'attribution, d'abord. Les critères RSE doivent être liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, c'est une obligation juridique fondamentale. Concrètement, cela peut prendre la forme d'un sous-critère "bilan carbone de la prestation", d'un critère "politique insertion et égalité professionnelle", ou d'un critère "dispositif de contrôle des sous-traitants". Ces critères doivent être mesurables, pondérés et accompagnés d'un système de notation précis pour éviter toute subjectivité contestable.

Dans les clauses d'exécution, ensuite. Le CCAP peut imposer des obligations RSE au titulaire tout au long de l'exécution du marché : objectifs de réduction des déchets, recours à des véhicules à faibles émissions, plan d'insertion, reporting périodique sur les indicateurs engagés. Ces clauses lient contractuellement le fournisseur et permettent un suivi dans la durée.

Dans les exigences de preuve, enfin. Pour éviter les réponses purement déclaratives, l'appel d'offres doit exiger des preuves vérifiables : certificats en cours de validité, rapports d'audit, indicateurs datés, plans d'action documentés. Une politique RSE non étayée par des éléments factuels ne doit pas valoir plus qu'une déclaration générique.

La Métropole de Nantes, pionnière en matière de critérisation RSE dans la commande publique, préconise une approche par grilles d'évaluation objectives, avec des indicateurs précis et des preuves demandées systématiquement aux candidats, une méthode directement transposable à d'autres collectivités.

Quand vous n'êtes pas soumis à un appel d'offres (marchés inférieurs aux seuils)

En dessous des seuils, la liberté est plus grande mais elle ne doit pas s'accompagner d'un relâchement des exigences RSE. Bien au contraire : c'est souvent dans ces marchés du quotidien (fournitures de bureau, prestataires de nettoyage, petits travaux, services à la personne) que les enjeux sociaux et environnementaux sont les plus importants et les plus faciles à influencer.

Dans ce contexte, la méthode recommandée repose sur quatre piliers : un sourcing amont documenté pour identifier les acteurs engagés du territoire, une grille RSE simplifiée appliquée lors de la consultation, un dialogue fournisseur structuré permettant de poser les bonnes questions, et l'exigence de preuves documentaires mêmes pour les petits montants.

L'absence de procédure formalisée n'empêche pas d'intégrer des clauses sociales et environnementales dans le bon de commande ou le contrat. Elle offre même une opportunité : celle d'expérimenter des critères innovants, de soutenir des acteurs locaux engagés, et de construire progressivement une politique achats responsable cohérente et documentée.

Comment évaluer concrètement la maturité RSE d'un fournisseur en 4 étapes ? 

Évaluer un fournisseur responsable suit 4 étapes : présélection documentaire, grille RSE, dialogue structuré, puis suivi contractuel dans la durée. 

Qu'on soit en phase de sourcing amont, en cours de consultation ou en exécution de marché, l'évaluation de la maturité RSE d'un fournisseur responsable suit toujours la même logique : aller des intentions déclarées vers les preuves documentées. Voici comment procéder, étape par étape.

Étape 1 : La présélection documentaire

La première vérification porte sur l'existence et la qualité des engagements formalisés. Demandez aux fournisseurs :

  • Leur politique RSE ou développement durable (document signé par la direction, daté, diffusé)

  • Leur rapport extra-financier (ou bilan RSE annuel) si disponible

  • Leurs certifications ou labels en cours de validité

  • Leur code de conduite fournisseurs, le cas échéant

  • Tout plan d'action ou tableau de bord RSE avec objectifs et indicateurs

L'objectif n'est pas de collecter des documents pour les empiler mais de distinguer ce qui relève d'une communication soignée et ce qui révèle une démarche structurée et pilotée dans la durée. Un fournisseur qui n'a ni indicateurs publiés, ni plan d'action daté, ni mécanisme de contrôle des sous-traitants, affiche un niveau de crédibilité limité, quelles que soient les formulations de sa charte.

Étape 2 : La grille d'analyse RSE

La grille suivante permet d'objectiver l'évaluation et de comparer les fournisseurs sur des bases uniformes. Elle peut être intégrée directement dans un questionnaire RFI ou dans les pièces du dossier de consultation.

Axe d'évaluation

Ce qu'on vérifie

Preuves attendues

Engagement public

Charte RSE, adhésion au Pacte mondial, politique achats responsables

Document signé et daté, publication en ligne

Labels & certifications

RFAR, B Corp, LUCIE 26000, ISO 14001, autres

Certificat en cours de validité, date de renouvellement

Gestion des risques

Cartographie RSE, audits internes/externes, plans de progrès

Rapport d'audit, plan d'action daté

Chaîne d'approvisionnement

Exigences imposées aux sous-traitants, traçabilité, contrôle documentaire

Clauses contractuelles, questionnaire sous-traitants

Mesure & transparence

Objectifs chiffrés, indicateurs de suivi, reporting régulier

Tableau de bord RSE, rapport annuel, bilan carbone

Cette grille ne vise pas à attribuer une note unique. Elle structure le dialogue et permet d'identifier les points forts, les lacunes, et les axes de progrès de chaque fournisseur.

Étape 3 : Le dialogue fournisseur

L'analyse documentaire ne suffit pas. Un entretien structuré avec le fournisseur permet d'aller plus loin sur les sujets sensibles et de tester la cohérence entre les engagements affichés et les pratiques réelles.

Quelques questions clés à poser : Comment contrôlez-vous les pratiques RSE de vos propres sous-traitants ? Quels engagements climatiques avez-vous pris, et comment les mesurez-vous ? Comment gérez-vous les écarts constatés par rapport à vos objectifs RSE ? Avez-vous fait l'objet d'un audit RSE externe récent ?

Ces questions ne visent pas à piéger le fournisseur mais à évaluer la maturité réelle de la démarche et la capacité de l'organisation à rendre compte de ses pratiques de manière transparente.

Étape 4 : Le suivi dans la durée

L'évaluation RSE n'est pas un exercice ponctuel réalisé à la signature du marché. Elle doit s'inscrire dans une logique de suivi continu, intégrée dès la rédaction des pièces contractuelles.

En pratique, cela signifie prévoir des revues RSE annuelles avec le titulaire, intégrer des clauses de reporting périodique sur les indicateurs engagés, et formaliser des mécanismes de progrès, c'est-à-dire des engagements d'amélioration mesurables sur la durée du marché. Un fournisseur qui s'engage à progresser, et qui le documente, est souvent plus crédible qu'un fournisseur qui affiche un palmarès de labels sans dynamique de fond.

Quels outils et labels RSE utiliser pour évaluer un fournisseur responsable ? 

ISO 20400, RFAR, B Corp, LUCIE 26000 et EcoVadis sont les cinq références incontournables pour évaluer un fournisseur responsable en commande publique. 

S'orienter dans l'écosystème des labels et référentiels RSE peut sembler complexe. Voici les repères essentiels pour les acheteurs publics.

Les cadres normatifs

ISO 20400 est la norme internationale de référence pour les achats responsables. Elle fixe les lignes directrices pour intégrer la responsabilité sociétale dans le processus achats, de la définition du besoin à l'évaluation des fournisseurs. Elle s'applique à toutes les organisations, publiques comme privées.

ISO 26000 est la norme de responsabilité sociétale des organisations, sur laquelle s'appuie notamment le label LUCIE. Elle couvre sept domaines fondamentaux : gouvernance, droits de l'homme, relations et conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, questions relatives aux consommateurs, et communautés et développement local.

Les labels vérifiables

Le label RFAR (Relations Fournisseurs et Achats Responsables) est co-porté par le Médiateur des entreprises et le Conseil National des Achats. Il valorise les organisations qui appliquent de bonnes pratiques dans leurs relations avec leurs fournisseurs. Pour un acheteur public, sa présence chez un fournisseur est un signal fort de maturité dans la gestion de la chaîne d'approvisionnement.

B Corp est une certification internationale délivrée par B Lab. Elle évalue l'entreprise dans sa globalité (gouvernance, impact social, environnement, relations avec les employés et les communautés) et impose des niveaux d'exigence élevés, vérifiés tous les trois ans. Particulièrement reconnue dans les secteurs du conseil, du numérique et des services, elle constitue un signal fort d'engagement global.

LUCIE 26000 est le label RSE de référence en France, aligné sur l'ISO 26000. Il s'adresse à toutes les tailles d'organisations et repose sur une évaluation documentaire et terrain rigoureuse, avec révision périodique.

Le Pacte mondial des Nations Unies repose sur dix principes universels relatifs aux droits humains, aux conditions de travail, à l'environnement et à la lutte contre la corruption. L'adhésion d'un fournisseur au Pacte mondial est un signal d'engagement public et d'obligation de reporting annuel, même si elle ne fait pas l'objet d'une vérification externe aussi rigoureuse qu'une certification.

Les plateformes d'évaluation tierce

EcoVadis est la plateforme d'évaluation RSE la plus utilisée dans le monde de l'achat. Elle génère une notation standardisée sur quatre thématiques (environnement, social, éthique, achats responsables) et permet de comparer facilement les fournisseurs entre eux. Particulièrement utile en phase de sourcing initial pour trier rapidement les candidats.

Sedex est davantage orienté audit et traçabilité de la chaîne d'approvisionnement. Elle est particulièrement pertinente pour les marchés comportant des risques importants en matière de droits humains ou de conditions de travail chez les sous-traitants.

Le Marché de l'Inclusion est une plateforme gouvernementale française dédiée au sourcing de fournisseurs inclusifs (structures d'insertion, ESAT, entreprises adaptées). Elle est particulièrement utile pour les collectivités souhaitant remplir leurs obligations en matière de clauses sociales.

⚠️ Point de vigilance

Ces outils sont des accélérateurs, pas des substituts au jugement. Un fournisseur sans label peut être très engagé s'il produit des preuves solides, documentées et cohérentes. À l'inverse, un fournisseur labellisé peut présenter des lacunes importantes sur certaines dimensions RSE. La combinaison "label + preuves + audit + dialogue" reste la méthode la plus robuste pour apprécier un engagement réel.

Comment distinguer un vrai engagement RSE fournisseur d'un discours de greenwashing ? 

Un fournisseur responsable se démontre, pas seulement se déclare. Les vrais signaux : indicateurs chiffrés, audits réalisés, sous-traitants contrôlés. 

Un engagement RSE solide ne se reconnaît pas à la beauté d'une charte ou à l'épaisseur d'un rapport annuel. Il se révèle dans les détails : les indicateurs publiés, les objectifs chiffrés, les écarts reconnus et les plans pour les corriger.

Voici les signaux d'alerte à surveiller lors de l'évaluation d'un fournisseur :

L'absence d'indicateurs quantitatifs. Une politique RSE sans objectifs chiffrés ni données de suivi est une intention, pas un engagement. Un fournisseur responsable sait mesurer ses progrès.

L'absence de contrôle des sous-traitants. Les risques RSE les plus significatifs se cachent souvent en aval de la chaîne d'approvisionnement. Un fournisseur qui ne peut pas rendre compte des pratiques de ses propres sous-traitants expose l'acheteur à des risques réels, même si ses propres pratiques sont exemplaires.

La cohérence entre discours et preuves. Une entreprise peut revendiquer un positionnement très engagé et ne produire aucun document qui le démontre. C'est précisément pourquoi la combinaison "engagement public + preuves externes + audit + dialogue fournisseur" est plus pertinente qu'un seul indicateur isolé.

Le manque de dynamique de progrès. Une démarche RSE figée, sans évolution depuis plusieurs années, sans nouveaux objectifs et sans amélioration documentée, peut indiquer que le label ou la certification est devenu une fin en soi plutôt qu'un outil de transformation réelle.

Un fournisseur responsable ne se déclare pas il se démontre. Et c'est précisément ce niveau d'exigence documentaire qui distingue un achat public véritablement responsable d'une politique d'affichage.

Comment faire du sourcing responsable un levier stratégique pour votre collectivité ? 

Le sourcing responsable n'est pas réservé aux grandes métropoles : toute collectivité peut le structurer avec une méthode claire et des outils adaptés. 

Identifier des fournisseurs responsables n'est pas un exercice de style réservé aux grandes métropoles bien dotées. C'est une démarche structurée, outillée et progressive, accessible à toutes les collectivités et organismes publics, quelle que soit leur taille.

La méthode est simple dans ses grandes lignes : définir ses critères RSE en amont, organiser un sourcing rigoureux et documenté, distinguer les exigences selon que l'on est soumis ou non à un appel d'offres, et évaluer les fournisseurs sur la base de preuves vérifiables plutôt que de déclarations d'intention.

Les outils existent ( ISO 20400, label RFAR, B Corp, LUCIE 26000, EcoVadis, Le Marché de l'Inclusion). Ils ne remplacent pas la méthode, mais ils l'accélèrent et la crédibilisent. Ce qui fait vraiment la différence, c'est la cohérence de la démarche, de la définition du besoin jusqu'au suivi de l'exécution.

Que vous soyez à la tête d'un service achats, directeur financier d'une collectivité ou chargé de mission développement durable, la question n'est plus de savoir si vous devez intégrer la RSE dans vos achats puisque c'est déjà une réalité réglementaire et sociétale. La question est de savoir comment le faire avec rigueur et efficacité.

Vous souhaitez structurer votre démarche achats responsables ou préparer vos réponses RSE aux appels d'offres ? DMNG Conseil accompagne les acheteurs publics et les entreprises dans la construction de politiques RSE solides, documentées et adaptées aux exigences de la commande publique. Contactez notre équipe pour en discuter.

FAQ

Il faut élargir la recherche au-delà du réseau habituel, publier certaines consultations amont, utiliser des questionnaires standardisés et documenter chaque échange pour garantir l’égalité de traitement. Une collectivité peut aussi varier ses canaux de repérage pour intégrer des PME, des acteurs de l’inclusion et des entreprises locales engagées.

Oui, à condition d’être structuré et ouvert, car il permet d’identifier les entreprises locales engagées, les structures d’insertion et les fournisseurs capables de répondre à des besoins précis avec des engagements sociaux et environnementaux concrets. Bien mené, il devient un levier pour développer des achats plus durables, plus inclusifs et plus cohérents avec les politiques publiques locales.

Sources

France Urbaine. (2019). Le sourcing et la relation entre l’acheteur public et les fournisseurs. https://franceurbaine.org/app/uploads/2024/07/guide_sourcing_et_relation_acheteur-fournisseurs-1.pdf

Agence de la transition écologique. (2026, 18 janvier). Achat public : adoptez une stratégie plus responsable. ADEME. https://agirpourlatransition.ademe.fr/collectivites/conseils/gestion-collectivite/achat-public

Métropole de Nantes. (2025, 29 décembre). Critérisation RSE pour une commande publique responsable. Nantes Métropole Entreprises. https://entreprises.nantesmetropole.fr/comprendre/criterisation-rse-pour-une-commande-publique-responsable/

France urbaine. (2019). Le sourcing et la relation entre l’acheteur public et les fournisseurs [Version PDF]. https://franceurbaine.org/sites/franceurbaine.org/files/documents/franceurbaine_org/guide_sourcing_et_relation_acheteur-fourniss...

Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques. (n.d.). Le sourcing dans la commande publique : définition et modalités de mise en œuvre. DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes. https://draaf.auvergne-rhone-alpes.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/PPT_le_sourcing_dans_la_commande_publique_V2_cle8b9dd5.pdf

Maximilien. (n.d.). Sourcing [PDF]. https://www.maximilien.fr/media/Achats_responsables/Les_incontournables_de_lachat_responsable/4-_Sourcing.pdf

France Marchés. (2023). Le sourcing dans les marchés publics : décryptage des bonnes pratiques. https://www.francemarches.com/actualites/2023/sourcing-marches-publics

Intercommunalités de France. (2024). Commande publique responsable [Étude]. https://www.intercommunalites.fr/app/uploads/2024/01/INTERCO_DE_F_2024_ETUDE_COMMANDE-PUBLIQUE-RESPONSABLE.pdf

Banque des Territoires. (2022, 16 novembre). Schéma des achats responsables : des ressources pour aider les collectivités à se lancer. https://www.banquedesterritoires.fr/schema-des-achats-responsables-des-ressources-pour-aider-les-collectivites-se-lancer

Achatpublic.info. (2023, 29 mars). Un guide DAE pour des achats responsables et inclusifs. https://www.achatpublic.info/actualites/breves/un-guide-dae-pour-des-achats-responsables-et-inclusif-31556

DMNG Conseil 28 avril 2026
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