Pourquoi la RSE transforme-t-elle le secteur de la propreté ?
La RSE transforme la propreté en levier stratégique en intégrant performance environnementale, sociale et exigences clients dans les prestations de nettoyage.
Longtemps perçue comme une fonction invisible, la propreté est en train de changer de statut. Dans les couloirs des entreprises, dans les appels d’offres publics, dans les cahiers des charges des grands groupes, une nouvelle exigence s’impose : faire du nettoyage un levier de performance durable.
Le secteur français n’est pas marginal. Plus de 30 000 entreprises, près de 500 000 professionnels, et une réalité terrain brute : un métier profondément humain, intensif en main-d’œuvre, et directement exposé aux enjeux environnementaux. Autrement dit, un terrain naturel pour la RSE.
Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir s’il faut s’y mettre. La question est simple, presque brutale : comment structurer une démarche crédible sans perdre du temps ni de l’argent.
Comment la RSE s’est-elle imposée dans le secteur de la propreté ?
La RSE s’impose dans la propreté sous l’effet des exigences clients, des marchés publics et d’un cadre structuré porté par la FEP depuis 2019.
Le virage n’a pas été improvisé. La Fédération des Entreprises de Propreté a pris de l’avance, posant dès 2019 les bases d’une stratégie alignée sur les Objectifs de Développement Durable de l’Agenda 2030.
Ce positionnement change la lecture du secteur. La propreté n’est plus seulement une prestation. Elle devient un acteur de la transition environnementale et sociale.
Dans les faits, cela se traduit par une pression croissante :
Des clients privés qui exigent des preuves concrètes d’engagement
Des donneurs d’ordre publics qui intègrent des critères extra-financiers
Des collaborateurs qui attendent des conditions de travail dignes
La RSE s’impose donc comme un langage commun entre toutes les parties prenantes.
Qu’est-ce que le référentiel RSE dans la propreté et à quoi sert-il ?
Le référentiel RSE de la propreté est un cadre structuré en 18 engagements qui permet aux entreprises d’évaluer, piloter et améliorer leur performance durable.
Pour éviter les démarches superficielles, le secteur s’est doté d’un outil structurant. Le référentiel RSE des entreprises de propreté, co-construit avec AFNOR Certification, pose un cadre clair.
Plus de 100 parties prenantes ont contribué à son élaboration. Résultat : un standard robuste, crédible, et surtout applicable à tous les niveaux de maturité.
Ce référentiel repose sur 18 engagements organisés autour de quatre piliers.
Vision et gouvernance
Ici, la RSE n’est pas un projet isolé. Elle s’intègre dans la stratégie globale de l’entreprise. Cela implique de structurer un pilotage, de formaliser des engagements, et d’assurer une transparence réelle.
Ressources humaines et engagement social
Le cœur du métier est là. Formation, conditions de travail, lutte contre les discriminations, dialogue social. Sans progrès sur ces sujets, toute démarche RSE reste fragile.
Engagement environnemental
Réduction des émissions, choix des produits, gestion des ressources. L’objectif est simple : limiter l’impact direct des activités de nettoyage.
Engagement sociétal
Ancrage territorial, achats responsables, contribution à l’emploi local. L’entreprise de propreté devient un acteur économique à part entière.
Ce qui fait la force du référentiel, c’est sa logique de progression. Une grille de maturité permet à chaque entreprise de se situer et d’avancer à son rythme.
Quels sont les 3 axes clés de la RSE dans la propreté ?
La RSE dans la propreté repose sur trois axes : environnement, social et sociétal, permettant de structurer des actions concrètes et mesurables.

Derrière les grands principes, la stratégie RSE du secteur s’organise autour de trois priorités opérationnelles.
Agir pour l’environnement. Réduire l’empreinte carbone, optimiser les déplacements, limiter la consommation de ressources.
Agir pour les femmes et les hommes. Améliorer les conditions de travail, prévenir les risques, renforcer l’attractivité du métier.
Agir pour la société. Développer des relations responsables avec les parties prenantes et contribuer au tissu économique local.
Ces trois axes ont un point commun. Ils transforment la RSE en décisions concrètes, visibles, mesurables.
Quels sont les enjeux environnementaux majeurs dans le nettoyage ?
Les enjeux environnementaux du nettoyage incluent la réduction des émissions, l’usage de produits écolabellisés et l’optimisation des ressources et déchets.

C’est souvent par là que tout commence. Parce que c’est visible. Parce que c’est mesurable. Et surtout parce que c’est attendu.
Réduire les émissions liées aux déplacements
Dans la propreté, le premier poste d’émission n’est pas toujours celui qu’on imagine. Ce sont les trajets. Multiplication des sites, équipes mobiles, horaires décalés.
Les entreprises les plus avancées travaillent sur deux leviers : optimisation des tournées et transition vers des flottes moins polluantes.
Généraliser les produits écolabellisés
Le choix des produits est un signal fort. L’Écolabel européen s’impose comme référence pour le nettoyage intérieur.
Il garantit une réduction de l’impact environnemental sans compromettre l’efficacité.
Faire évoluer les techniques de nettoyage
L’innovation existe, mais elle reste sous-exploitée. Nettoyage à l’eau pure pour les vitres, produits enzymatiques biodégradables.
Moins de chimie, plus d’intelligence opérationnelle.
Structurer la gestion des déchets
Trier, réduire, tracer. Trois verbes simples, mais encore trop peu systématisés.
S’inscrire dans une logique de certification
La ISO 14001 permet de formaliser une démarche environnementale crédible. Elle impose un principe clé : l’amélioration continue.
Pourquoi l’enjeu social est-il central dans la propreté ?
L’enjeu social est central dans la propreté car la performance dépend directement des conditions de travail, de la formation et de l’engagement des employés.
Dans un secteur de main-d’œuvre, la performance passe d’abord par les femmes et les hommes.
Prévenir les troubles musculo-squelettiques
Gestes répétitifs, postures contraignantes, matériel inadapté. Les TMS restent l’un des principaux risques.
Les entreprises engagées investissent dans la formation et l’équipement ergonomique.
Repenser l’organisation du travail
Le travail en horaires décalés est une norme historique. Il est aussi un frein à l’attractivité.
Basculer vers des horaires de journée change profondément la qualité de vie des équipes.
Faire de l’insertion un levier stratégique
Le secteur a un rôle clé à jouer. Recruter des profils éloignés de l’emploi, former, intégrer.
C’est à la fois un impact social et une réponse aux tensions de recrutement.
Structurer le dialogue social
Accords d’entreprise, représentation des salariés, communication interne.
Une entreprise qui écoute fonctionne mieux. Et cela se mesure rapidement sur le terrain.
Garantir équité et non-discrimination
Formaliser les pratiques de recrutement, objectiver les décisions, promouvoir la diversité.
Ce sont des fondamentaux, mais ils restent différenciants.
Quelles certifications RSE sont essentielles dans la propreté ?
Les certifications clés en propreté incluent ISO 14001, ISO 9001, EcoVadis et le parcours RSE AFNOR pour structurer et crédibiliser la démarche RSE.
À mesure que la RSE s’impose, une réalité se durcit : l’engagement ne suffit plus. Il faut le prouver. Et dans un secteur comme la propreté, où la concurrence est forte et les marges souvent serrées, les certifications deviennent des marqueurs de crédibilité.
La norme ISO 26000 sert de socle. Elle ne certifie pas au sens strict, mais elle structure une démarche globale, couvrant l’ensemble des enjeux sociaux, environnementaux et sociétaux.
Le Parcours RSE proposé par AFNOR Certification va plus loin en adaptant cette logique aux spécificités du secteur. C’est un cadre concret, progressif, pensé pour les entreprises de terrain.
Côté environnement, la ISO 14001 reste une référence incontournable. Elle impose rigueur, suivi et amélioration continue.
Sur la qualité, la ISO 9001 et le label Qualipropre permettent de structurer les प्रक्रés internes et de sécuriser la satisfaction client.
Enfin, EcoVadis s’est imposé comme un standard de marché. De plus en plus de donneurs d’ordre exigent une notation RSE de leurs prestataires. Ne pas y être, c’est souvent ne pas être consulté.
Certaines entreprises prennent une longueur d’avance. Koala Propreté Services, par exemple, a atteint le niveau “Exemplaire” selon ISO 26000. Un signal fort envoyé au marché.
Comment la RSE influence-t-elle les marchés publics dans la propreté ?
La RSE influence les marchés publics en intégrant des critères sociaux et environnementaux qui favorisent les entreprises engagées lors des appels d’offres.
Dans les appels d’offres, le prix ne règne plus seul.
Les acheteurs publics intègrent désormais des critères sociaux et environnementaux dans leurs décisions. Clauses d’insertion, exigences sur les produits, traçabilité des pratiques.
Résultat : deux entreprises au même niveau technique ne sont plus évaluées de la même manière.
Une démarche RSE structurée permet de :
- Gagner des points décisifs dans les grilles d’évaluation
- Réduire le risque de disqualification
- Se différencier sur des marchés saturés
Le référentiel porté par la branche a d’ailleurs été conçu dans cette logique. Parler le même langage que les acheteurs, répondre précisément à leurs attentes.
Dans ce contexte, la RSE devient un levier business direct. Pas un coût. Un investissement.
Comment mettre en place une démarche RSE dans une entreprise de propreté ?
Une démarche RSE en propreté se met en place via diagnostic, priorisation des actions, indicateurs de suivi et valorisation dans les appels d’offres.

Se lancer peut sembler complexe. En réalité, les entreprises les plus efficaces suivent une approche simple, structurée, progressive.
Réaliser un autodiagnostic
Première étape : comprendre où l’on en est. L’outil proposé par la FEP permet d’évaluer rapidement son niveau de maturité.
Se former
Le parcours RSE du Fare Propreté s’étale sur plusieurs mois. Il permet de transformer une intention en compétences concrètes.
Prioriser les actions
Inutile de tout faire. Les entreprises performantes ciblent 3 à 5 engagements prioritaires en fonction de leur taille et de leurs enjeux.
Mettre en place des indicateurs
Sans mesure, pas de pilotage. Quelques exemples :
- Part de produits écolabellisés
- Nombre d’heures de formation
- Taux d’absentéisme
Structurer la communication
Une démarche non valorisée perd une grande partie de son impact.
Site web, réponses aux appels d’offres, supports commerciaux. Chaque point de contact devient une opportunité de démontrer l’engagement.
Chercher de la reconnaissance
Les Trophées RSE de la FEP offrent une visibilité précieuse. Ils permettent aussi de se benchmarker face aux meilleurs acteurs du secteur.
La RSE est-elle devenue incontournable dans le nettoyage ?
Le mouvement est lancé. Il ne ralentira pas.
Dans quelques années, ne pas avoir de démarche RSE structurée dans le nettoyage sera perçu comme un risque. Pour les clients, pour les collaborateurs, pour les partenaires.
À l’inverse, les entreprises qui s’engagent aujourd’hui construisent un avantage durable. Elles gagnent en crédibilité, en performance, et en attractivité.
La propreté change de dimension. Et avec elle, les règles du jeu.
Questions fréquemment posées
Parce que le secteur combine deux enjeux majeurs : un impact environnemental direct et une forte intensité sociale. La RSE permet d’agir simultanément sur ces deux leviers.
Oui. Le référentiel du secteur est conçu pour être progressif. Une TPE peut commencer avec quelques actions ciblées et monter en puissance.
Prioriser les produits écolabellisés, améliorer les conditions de travail et structurer un minimum de suivi via des indicateurs simples.
Non, mais elles deviennent fortement recommandées. Certaines sont même exigées dans les appels d’offres.
Oui. De plus en plus d’acheteurs intègrent des critères RSE dans leurs décisions. Une entreprise engagée part avec un avantage réel.
Sources
AFNOR Certification. (s.d.). Parcours RSE des entreprises de propreté. AFNOR Certification. https://certification.afnor.org/developpement-durable-rse/demarches-rse-sectorielles/entreprise-proprete
Delcourt. (2025). Réglementation hygiène & RSE : nettoyage professionnel. Delcourt. https://www.delcourt.fr/blog/Sante-environnement-et-entretien-professionnel-se-proteger-des-risques-c4
Fare Propreté. (2025). RSE – Responsabilité Sociétale des Entreprises. Fare Propreté. https://fare.asso.fr/developpement-durable/
Fédération des Entreprises de Propreté (FEP). (2026). Le référentiel RSE des entreprises de propreté. Monde de la Propreté. https://www.monde-proprete.com/referentiel-rse-entreprises-de-proprete
Fédération des Entreprises de Propreté (FEP). (2026). RSE : la stratégie du secteur. Monde de la Propreté. https://www.monde-proprete.com/rse-la-strategie-du-secteur
Fédération des Entreprises de Propreté (FEP). (2022). RSE : Actions et résultats du secteur de la propreté. Monde de la Propreté. https://www.monde-proprete.com/les-chiffres-cles-rse
Fédération des Entreprises de Propreté (FEP). (2026). Les trophées RSE de la FEP. Monde de la Propreté. https://www.monde-proprete.com/trophees-rse
Guittard, E. (2025, mars 12). La RSE dans le secteur du nettoyage. LinkedIn Pulse. https://fr.linkedin.com/pulse/la-rse-dans-le-secteur-du-nettoyage-elisa-guittard-katzf
Les stratégies RSE gagnantes des entreprises de propreté. (2025, juin 24). Le Nouvel Économiste. https://www.lenouveleconomiste.fr/lesdossiers/les-strategies-rse-gagnantes-des-entreprises-de-proprete/
Utopies. (2025). Le Fare Propreté – Formation RSE Propreté. Utopies. https://utopies.com/publications/le-fare-proprete-formation-rse-proprete/