Comment structurer une démarche RSE en trois demi-journées ?
Trois demi-journées d’ateliers permettent de diagnostiquer, prioriser et formaliser un plan d’actions RSE adapté à une PME.
Structurer sa RSE ne nécessite pas toujours un programme long ou une transformation globale.
Un format court et cadré peut suffire pour :
Clarifier les enjeux
Hiérarchiser les priorités
Formaliser des engagements
Définir des actions concrètes
Ce format repose sur un travail collectif impliquant la direction et des collaborateurs clés.
La RSE est-elle devenue obligatoire dans les marchés publics ?
À partir du 21 août 2026, 100 % des marchés publics devront intégrer un critère environnemental dans leur notation.
L’article 35 de la Loi Climat et Résilience du 22 août 2021 modifie le droit de la commande publique.
À compter du 21 août 2026 :
Tous les marchés publics devront comporter au moins un critère environnemental.
Ce critère pourra être pondéré comme le prix ou la valeur technique.
Il devra être objectivable et vérifiable.
Le Code de la commande publique précise :
Article L2152-7 : l’offre économiquement la plus avantageuse repose sur des critères objectifs liés à l’objet du marché.
Article R2152-7 : ces critères peuvent inclure des aspects environnementaux ou sociaux.
Quand on parle de trois demi-journées, de quoi parle-t-on vraiment ?
Trois demi-journées correspondent à environ 10 à 12 heures d’ateliers collectifs impliquant direction et équipes clés.
Il ne s’agit pas d’une mission entièrement externalisée où le consultant rédige seul un document.
Le principe repose sur :
La présence de la direction
L’implication de collaborateurs clés
Un travail collectif de clarification et de priorisation
Cependant, le marché propose plusieurs variantes :
Des formats très courts où le consultant réalise l’essentiel et valide en deux ou trois visioconférences
Des formats majoritairement pédagogiques
Des formats très structurés en ateliers participatifs
Des formats orientés production documentaire
Chaque cabinet ajuste le niveau d’implication interne, la profondeur d’analyse et la formalisation finale.
Dans un format atelier, l’enjeu principal est l’appropriation. Une démarche construite collectivement a davantage de chances d’être comprise, appliquée et maintenue dans le temps.
Que couvrent généralement trois demi-journées d’ateliers ?
Trois demi-journées constituent un temps court et cadré. Elles ne permettent pas une transformation organisationnelle complète mais une structuration initiale.
Un déroulé classique comprend :
1ère demi-journée
Clarification du périmètre et diagnostic
Rappel du cadre de la responsabilité sociétale tel que défini par des référentiels comme l’ISO 26000.
Identification des pratiques existantes.
Cartographie simplifiée des parties prenantes.
2ème demi-journée
Priorisation des enjeux
Analyse des impacts significatifs de l’activité.
Hiérarchisation des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Définition d’axes d’engagement cohérents avec la taille et les ressources de l’entreprise.
3ème demi-journée
Formalisation d’actions concrètes
Déclinaison des engagements en actions réalistes.
Identification d’indicateurs simples de suivi.
Clarification des responsabilités internes.
À l’issue du processus, l’entreprise dispose :
D’une vision partagée de sa RSE
D’engagements priorisés
D’un plan d’actions structuré
D’une base de pilotage claire
Ce format pose un socle stratégique. Il ne remplace ni une certification, ni un reporting extra-financier complet, ni une transformation en profondeur.
Pour quelles entreprises ce format est-il adapté ?
Ce format convient principalement aux TPE et PME souhaitant structurer leur RSE sans lancer un programme lourd.
Plus précisément, il conviendra :
Aux petites entreprises
Trois demi-journées représentent environ 10 à 12 heures de travail collectif structuré. Ce volume est pertinent pour :
Les TPE
Les PME
Les structures de taille intermédiaire avec une gouvernance concentrée
Dans une grande entreprise multi-sites ou fortement matricielle, ce format serait insuffisant pour traiter la complexité organisationnelle, les enjeux de chaîne de valeur ou les systèmes de reporting existants.
Aux dirigeants qui veulent décider eux-mêmes
Ce format s’adresse aux entreprises qui souhaitent :
Comprendre la logique de la RSE
Arbitrer elles-mêmes leurs priorités
Intégrer la démarche dans leur stratégie réelle
La responsabilité sociétale, telle que définie par l’ISO 26000, repose sur l’intégration volontaire des préoccupations sociales et environnementales dans les décisions et les activités.
Autrement dit, il s’agit d’un sujet de gouvernance.
Déléguer entièrement la réflexion à un tiers sans implication interne réduit fortement la pertinence des engagements pris.
Aux entreprises qui ont déjà essayé sans réussir à structurer
Certaines organisations ont :
Rédigé une charte
Lancé quelques actions isolées
Tenté de formaliser un document RSE
Sans cadre méthodologique clair, ces initiatives restent souvent dispersées et peu suivies.
Un format atelier permet de remettre de la cohérence, de hiérarchiser et de transformer des intentions en décisions structurées.
Aux structures disposant d’un budget maîtrisé
Un accompagnement court implique :
Un coût d’intervention limité
Une forte implication interne
Une montée en autonomie rapide
Ce format est particulièrement pertinent pour les entreprises qui souhaitent investir de manière proportionnée et conserver la capacité de piloter ensuite leur démarche en interne.
Les erreurs fréquentes à éviter
Confondre atelier et transformation complète
Trois demi-journées ne constituent pas une refonte organisationnelle.
Elles permettent de :
Clarifier
Prioriser
Formaliser
Elles ne permettent pas de déployer un système complet de management, de transformer une culture d’entreprise ou de mettre en place un reporting extra-financier exhaustif.
Attendre davantage de ce format crée une déception stratégique.
Construire la démarche seul
Si une seule personne conçoit la démarche, même avec de bonnes intentions :
Les actions seront mal comprises
Elles seront peu relayées
Elles auront un faible taux d’adoption
La RSE touche aux pratiques opérationnelles, aux achats, aux ressources humaines, à la relation client et à la gouvernance. Une construction isolée produit souvent un document théorique sans ancrage réel.
L’implication collective n’est pas un principe idéologique.
C’est un facteur d’efficacité.
Surformaliser dès le départ
Multiplier les matrices, indicateurs et tableaux de bord dès la phase initiale peut :
Ralentir la dynamique
Complexifier inutilement la mise en œuvre
Décourager les équipes
Un socle simple, priorisé et opérationnel est souvent plus efficace qu’un dispositif lourd et prématuré.
Quels résultats attendre après trois demi-journées ?
Après trois demi-journées, l’entreprise dispose d’un socle RSE structuré, partagé et pilotable en interne.
Une entreprise peut raisonnablement obtenir :
Une compréhension partagée de la responsabilité sociétale
Une hiérarchisation claire de ses enjeux
Des engagements formalisés
Un plan d’actions cohérent
Une répartition des responsabilités internes
En revanche, le format ne fournit pas :
Une certification
Un audit complet
Un reporting réglementaire détaillé
Une transformation culturelle profonde
Il s’agit d’un point de départ stratégique, pas d’un aboutissement.
FAQ
Oui, si elle repose sur des enjeux priorisés, des actions tracées et une gouvernance claire dès le départ.
La crédibilité d’une démarche ne dépend pas uniquement de sa durée, mais de sa cohérence méthodologique.
Un format court peut être robuste si :
Les enjeux sont hiérarchisés objectivement
Les décisions sont formalisées
Les responsabilités sont attribuées
Les indicateurs sont définis
Un audit externe vérifiera principalement :
La traçabilité des décisions
La réalité des actions
L’alignement entre discours et pratiques
Un socle clair et structuré constitue une base solide pour évoluer ensuite vers des niveaux d’exigence plus élevés.
Une structuration RSE définit vos priorités internes ; une certification atteste votre conformité à un référentiel externe.
La structuration RSE vise à :
Clarifier vos enjeux
Formaliser vos engagements
Définir un plan d’actions
Une certification implique :
Un référentiel normatif précis
Des exigences formelles documentées
Un audit indépendant
Un processus de contrôle périodique
Le format trois demi-journées pose les fondations.
La certification intervient éventuellement dans un second temps.
Oui, si l’analyse se concentre sur les impacts significatifs et les risques stratégiques majeurs.
La clé réside dans la focalisation.
Une priorisation efficace repose sur :
L’identification des impacts économiques, sociaux et environnementaux
L’analyse des attentes des parties prenantes
L’évaluation des risques réglementaires et réputationnels
La capacité réelle d’action de l’entreprise
L’objectif n’est pas l’exhaustivité, mais la pertinence stratégique.
Sans implication active de la direction, la démarche RSE reste théorique et faiblement appliquée.
La RSE touche :
Aux choix d’investissement
À la politique d’achats
À la gestion des ressources humaines
À la stratégie commerciale
Sans arbitrage de la gouvernance, les priorités restent floues, les actions manquent de légitimité et le suivi devient irrégulier.
L’engagement managérial conditionne le taux d’adoption interne.
L’efficacité se mesure par l’exécution des actions, la régularité du suivi et l’évolution des indicateurs clés.
Trois critères permettent d’évaluer la solidité de la démarche après 6 à 12 mois :
Taux d’actions effectivement mises en œuvre
Existence d’un suivi périodique formalisé
Capacité à ajuster les priorités si nécessaire
Un format court est efficace si :
Les décisions sont appliquées
Les responsabilités sont assumées
Les engagements évoluent avec l’activité
La durée de l’accompagnement importe moins que la discipline de pilotage mise en place ensuite.
Sources
AFNOR. (2010). NF ISO 26000 – Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale. Saint‑Denis La Plaine : AFNOR Éditions.
Bpifrance. (2020). RSE : enjeux stratégiques (Guide RSE). Paris : Bpifrance. Consulté sur https://www.bpifrance.fr
Bpifrance. (2020). La RSE chez Bpifrance : pourquoi ? Comment ? (présentation GT1 « RSE, compétitivité et PME »). Paris : Bpifrance. Consulté sur https://www.strategie.gouv.fr
Bpifrance. (2021). Guides RSE à destination des PME (collection enjeux stratégiques, exploitation, salariés, clients, fournisseurs). Consulté sur https://www.bpifrance.fr
Bpifrance Création. (2022, 2 février). Guide TPE/PME : « Se développer grâce aux marchés publics ». Consulté sur https://bpifrance-creation.fr
Bpifrance Création. (2025, 15 juillet). Intégrer une politique RSE dès la création de son entreprise. Consulté sur https://bpifrance-creation.fr
ISO. (2014). ISO 26000 – Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale (brochure de présentation, version française). Genève : Organisation internationale de normalisation. Consulté sur https://www.iso.org
Marche-public.fr. (2019, 31 mars). Article R2152‑7 – Critères d’attribution de l’offre économiquement la plus avantageuse. Dans Code de la commande publique commenté. Consulté sur https://www.marche-public.fr
Marche-public.fr. (2023, 24 octobre). Article L2152‑7 – Choix de l’offre économiquement la plus avantageuse : critères objectifs. Dans Code de la commande publique commenté. Consulté sur https://www.marche-public.fr
Marche-public.fr. (2022, 9 février). Guide pratique pour les TPE/PME : « Se développer grâce aux marchés publics ». Consulté sur https://www.marche-public.fr
Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique – Direction des Affaires juridiques. (2024, 1 décembre). Les mesures commande publique issues de la loi Climat et résilience et de la loi Industrie verte en matière d’achat durable (fiche technique). Consulté sur https://achats-durables.gouv.fr
OCDE. (2023). Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises. Paris : OCDE. Consulté sur https://www.oecd.org